Journal Le Sphinx

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Réponse au ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop

 

Lors du forum de Lomé sur la paix et la Sécurité le 11 Octobre 2025, le ministre malien des Affaires étrangères a tenu des propos sans fondements sur le Président Modibo Keita, père fondateur de la République Malienne (22 Septembre 1960) et l’une des figures les plus emblématiques du Panafricanisme au cours de la décennie 1960

LORD du forum de Lomé sur la paix et la Sécurité le 11 Octobre 2025, le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop,  a tenu des propos sans fondements sur le Président Modibo Keita, père fondateur de la République malienne (22 Septembre 1960) et l’une des figures les plus emblématiques du Panafricanisme au cours de la décennie 1960. 

Lorsqu’il accède à la magistrature suprême le 22 septembre 1960, Modibo avait 45 ans ! Il avait alors accumulé 24 années de militantisme politique, après avoir reçu une formation d’élite dans la plus prestigieuse institution française, l’École William Ponty à Dakar. Il fût, tour à tour, Instituteur, animateur de journal, Maire de Bamako, emprisonné en France à la Prison de la Santé, Député à l’Assemblée nationale française, Ministre de plusieurs gouvernements français (Félix Gaillard, Bourges-Maunory) … Et tout cela, dans la fine fleur de l’âge. 

Modibo Keïta était le parfait exemple d’une jeunesse « révolutionnaire » éminemment consciente des exigences du pouvoir et du militantisme. C’est pour cela qu’il rayonna en Afrique à l’Organisation de l’unité Africaine, au plan international, lors du Sommet des Non-Alignés etc…

Modibo était l’incarnation de la dignité malienne. Il était une source vivifiante des espoirs de l’Afrique post-coloniale. Jusqu’à présent, ceux qui proclament la « souveraineté », qui veulent créer une « monnaie africaine » détachée du franc CFA, qui fustigent les Occidentaux à la tribune des Nations Unies… sont encore très loin de ce que Modibo, Nkrumah, Nasser, Nyerere ont réalisé aux débuts des indépendances.

Le Président Abdel Aziz Bouteflika, Paix à son âme (ancien Ministre des Affaires étrangères durant cette période) confia concernant le ministre malien des Affaires étrangères, Ousmane Ba, que « tant que le Mali ne s’était pas exprimé cela signifiait que l’Afrique n’avait pas parlé ». C’est dire à quel point le Mali était porteur du drapeau de l’Espérance africaine et des peuples du Tiers-Monde (Afrique Asie, Amérique Latine). Signalons pour l’histoire, que Ousmane Ba, en tant que chef de la diplomatie malienne détient jusqu’à présent le record mondial d’applaudissement à la tribune des Nations Unies. 

Modibo reçut à Bamako tous les grands combattants du Tiers-Monde : Nelson Mandela avant son incarcération à Roben Islands, Che Guevara, Amilcar Cabral… tous vinrent apprendre de lui.
Les mérites des pères fondateurs (Modibo Keïta, de Nkrumah, Nasser…) sont aujourd’hui largement méconnus. Cela s’explique par le fait que les Puissances occidentales ne veulent pas que l’Afrique devienne pleinement maîtresse de son destin afin de continuer à exploiter ses immenses ressources humaines, minières, énergétiques à leur seul profit. 

L’ignorance est une arme puissante aux mains des Occidentaux. C’est pourquoi, les générations montantes doivent continuer, avec humilité, à s’inspirer des générations précédentes afin de changer le cours de l’histoire mondiale. L’Afrique deviendra alors la Matrice d’une Humanité porteuse d’espérance pour tous les Peuples de notre Planète. Être Souverain, c’est écrire son propre destin. C’est ce que firent Modibo Keïta et ses compagnons. A nous de faire de même. 

Moussa Sow
Washington DC USA

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