Journal Le Sphinx

Notre axiome, c'est la vérité, le plus haut phare de la déontologie journalistique

AXE BAMAKO – WASHINGTON 

Assimi a-t-il laissé Moscou en plein vol ?

APRES la France, la Russie, Bamako se tourne en ce moment vers les États-Unis de Donald Trump avec lesquels elle a scellé un pacte dans le domaine du renseignement militaire. Toute chose qui risque de contrarier le Kremlin et susciter ses courroux. 

C’est le Washington-Post, journal américain qui a levé le lièvre dans sa livraison du lundi 15 Septembre 2025. Selon le confrère américain, « les États-Unis ont récemment intensifié leur coopération en matière de renseignement avec les autorités militaires maliennes […]. L’administration Trump avait partagé des informations sur les groupes armés et ces renseignements ont été utilisés dans des opérations militaires contre des groupes extrémistes dans le nord du pays ». 

Une information qui risque fort de contrarier Moscou dont les troupes sont présentes au Sahel et au Mali en particulier. 

Il ne peut en être autrement si l’on se réfère aux déclarations plutôt impérialistes de Poutine selon lesquelles « là où un soldat russe pose le pied, cela nous appartient [à la Russie] ». Le soldat russe a bien posé le pied au Sahel.

Et pourtant, Moscou peut-elle légitimement se prévaloir d’un quelconque titre de propriété au Sahel même avec la bénédiction de la junte ? Avant le Kremlin, l’oncle SAM (les États-Unis) y avait mis pied.

Début Mars 2021, alors que le Kremlin ne pensait pas encore au Sahel, Maliens et Américains lançaient les bases d’une coopération militaire. Le 09 mars 2021 en effet, le Vice-président de la Transition malienne, Assimi Goïta, recevait le Commandant des opérations spéciales américaines pour l’Afrique.

Général Dagvin Anderson, Commandant des Forces spéciales américaines pour l’Afrique, basées à Stuttgart en Allemagne, avec son hôte du jour jetaient ainsi les bases d’une coopération militaire entre leurs deux pays. Moscou n’arriva qu’une année plus tard sur incitation d’une partie de la société sous influence du groupe Wagner, du moins, dit-on dans certains milieux.

Le retour vers Washington aujourd’hui surtout après les nombreux échecs et des résultats très mitigés des groupes russes Wagner et Africa corps, ne peuvent que réconforter les autorités de la transition dans leur nouvelle orientation.  Mais sera-t-elle sans conséquences ?

Batomah Sissoko

Laisser un commentaire