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EFFONDREMENT DU STADE MUNICIPAL DE KOULIKORO 

Un manque total d’expertise

EFFONDREMENT DU STADE MUNICIPAL DE KOULIKORO 

Un manque total d’expertise

UNE tornade, oui ! Mais… Il y a bien eu une tornade ravageuse locale à l’origine de l’effondrement d’une partie du Stade Municipal Diarra-H de Koulikoro dans la nuit du 13 mai 2026. 

Même si aucune enquête sérieuse ne confirme ou infirme un défaut de construction, une erreur gravissime expliquerait cependant l’incident. Dans un communiqué pour le moins laconique publié sur le réseau sociaux, des acteurs visiblement impliqués, ont tenté de justifier l’accident. À les croire sur parole, un «vent violent» aurait frappé les installations et causé l’ effondrement d’une partie de la tribune. Une version contestée par des observateurs dont des habitants et voisins du site. Certains ont littéralement démenti la thèse d’une «tornade» et des «vents violents» consolidant ainsi la thèse d’un défaut de construction d’autant que furent épargnées des installations moins solides tels un centre de santé à proximité; des mobiliers comme les enseignes aux alentours, une maisonnette couverte de tôles… Le «vent violent» et la «tornade» ne seraient donc que des arguties. Qu’en est-il  exactement ? Nous avons consulté les archives de la météo de cette nuit fatidique du 13 mai 2026. Selon ces documents officiels soigneusement archivés sur les sites dévolus à la météo mondiale dont Mali-météo, il eut bien à Koulikoro, dans la nuit du 13 mai 2026, une tornade et des vents violents susceptibles de provoquer d’importants dégâts. Voici quelques relevés des services météorologiques en question : dans la nuit du 13 mai 2026 à Koulikoro, les archives météo indiquent «une chaleur lourde (température autour de 34 °C vers 23h), une humidité élevée […] Des phénomènes extrêmes: […]- Rafales de vent : estimées entre 70 et 90 km/h, avec une direction dominante Sud-Ouest vers Nord-Est. – Nature du phénomène : tornade locale ou microburst, rare mais destructeur dans la région» […]. 

C’est quoi un «microburst» alors? Explications des Experts : «Un microburst (ou microrafale) est une rafale descendante extrêmement violente issue d’un orage, qui frappe une zone très limitée (moins de 4 km de large) avec des vents soudains pouvant dépasser 100 km/h, provoquant des dégâts comparables à une tornade mais durant seulement quelques minutes» [. ..]. «Microburst : rafale descendante d’air froid et dense qui s’écrase au sol puis se disperse horizontalement. Durée : 2 à 10 minutes; Extension horizontale : inférieure à 4 km (au-delà, on parle de microrafale)». De toute évidence, le site a été frappé par un «Microburst» et pas étonnant que des installations de proximité pourtant plus fragiles soient épargnées et que ceux qui logent à côté du stade n’aient rien vu. Tout s’explique ! Mais alors où se trouve le péché des constructeurs puisque la science justifiant désormais le phénomène et écartant la thèse du défaut de construction ? 

Absence d’études de terrain 

 Ici à Koulikoro et plus précisément à l’endroit abritant le site, la géographie a créé un couloir naturel favorisant ainsi la naissance des «Microburst». La combinaison de collines avoisinantes, d’un cours d’eau majeur (le fleuve Niger) à proximité, la présence d’une vallée, cette combinaison selon les experts, a créé un couloir propice à la circulation du vent et à la naissance de microrafale très puissants. Ériger un obstacle dans ce corridor, c’est condamner l’édifice à un effondrement certain. C’est bien ce qui est arrivé : une partie du Stade faisait obstacle au vent… Et patatras ! Mais seulement voilà : pourquoi les concepteurs n’ont pas envisagé ce scénario en procédant à une étude de terrain et surtout, en consultant les archives ? Il ressort de nos investigations, que les Ingénieurs ont été confrontés au même phénomène météorologiques en 2002 lors de la première réfection du même site. Une partie de leur construction fut tout simplement emportée par le fameux «Microburst». Ils durent vite reprendre les calculs et refaire les travaux en intégrant cette fois-ci les réalités du terrain. Les responsables de l’Entreprise en charge de la nouvelle réfection n’avaient donc qu’à consulter les archives ou , tout simplement, interroger certains acteurs. En clair, le responsable de l’échec est bien connu. Non un défaut de construction, il s’agit tout simplement d’un défaut de suffisance des constructeurs. 

Batomah Sissoko

Le Sphinx