Journal Le Sphinx

Notre axiome, c'est la vérité, le plus haut phare de la déontologie journalistique

Mali: Lutte contre corruption ça passe ou ça casse ! 

Les marges de manœuvre de Bamako semblent de plus étroites suite à la publication du rapport de classement des organisations internationales anticorruptions et des exigences de la société civile malienne. Le saviez-vous ? Suite aux coups d’État militaires de 2020 et 2021 [notez bien: les coups d’État], le Mali dut faire face à la suspension des appuis budgétaires des partenaires bilatéraux et multilatéraux. Toute chose à l’origine de la réduction drastique des financements directs au Trésor public malien et par ricochet, une montée de la dette intérieure (25,2 % du PIB en 2022) en vue de compenser les déficits. Et ce n’est qu’à partir de 2025-2026 que sont intervenus et de manière progressive, les financements multilatéraux notamment des projets sectoriels (routes, eau, énergie). Il aurait fallu pour ce faire, que le régime d’Assimi Goïta fasse d’importantes concessions face aux partenaires (Banque mondiale, FMI, BOAD…,) et du coup, faciliter les emprunts obligatoires sur les marchés internationaux (voir tableau – « aperçu des financements extérieurs…» et « emprunts obligataires…»). Un coup dur pour les souverainistes… Mais quel rapport avec la lutte contre la corruption et l’audit des marchés public exigé par le RAMLCDF? —- Transparence et traçabilité des dépenses : les exigences des partenaires — «Transparence», «traçabilité»! Il ne s’agit ni plus ni moins que d’un audit tel que demandé par le RAMLCDF et condition sine qua none des partenaires financiers. Sur ce registre, Bamako ne semble avoir bonne presse et a intérêt à saisir la perche qui lui est ainsi tendue. Voici un extrait du rapport de Transparency international sur le Mali, vu par le RAMLCDF dans un communiqué rendu public au mois de Mai 2026: «Le Mali obtient 28/100 à l’Indice de Perception de la Corruption 2025. Classement : 136ᵉ sur 182 pays. Dégradation continue depuis 2012 : baisse de 7 points et de 41 places en dix ans. Exemple : en 2015, le Mali était 95ᵉ sur 168 avec un score de 35/100…». Le document précise que «cet indice révèle que le Mali obtient un score de 28 sur 100, se classant 136ème sur 182 pays. (…) Le déclin se confirme à la fois dans le résultat et dans le classement, soit, une baisse de 7 points et de 41 places en dix ans». Il s’agit donc d’un signal d’alerte. Bamako ne pouvant désormais plus ignorer les escapades et évasions financières au risque de perdre le peu de «crédit de l’État» qui lui reste encore. L’équation est à la fois complexe et simple: se conformer aux exigences des partenaires et associations maliennes de lutte contre la corruption ou perdre toute crédibilité et financements. 

Batomah Sissoko 

Le Sphinx