Lakana 360 : l’œil de l’ANSE sur 25 millions de cartes SIM ?

BIG Brother serait-il désormais malien ? Dans un rapport publié au début de ce mois de septembre, , la société américaine Anthropic affirme avoir découvert puis bloqué le compte d’un consultant probablement basé à Bamako, qui utilisait son intelligence artificielle Claude pour construire « Lakana 360 », une plateforme nationale de surveillance destinée, selon elle, à l’Agence nationale de la sécurité d’État (ANSE). Le système aurait été conçu pour surveiller quelque 25 millions de cartes SIM chez les trois opérateurs mobiles du Mali.
À en croire « le rapport d’Anthropic » (https://www.anthropic.com/threat-intelligence-report-september-2026), le consultant utilisait Claude comme une véritable équipe d’ingénieurs pour développer la plateforme. Attention toutefois : l’entreprise américaine ne dit pas avoir surpris directement l’ANSE aux commandes. Elle évoque un abonné unique, vraisemblablement un prestataire indépendant travaillant avec les services maliens.
Lakana 360 serait capable de collecter les historiques d’appels, les SMS et le trafic vocal. Le système pourrait également identifier une personne grâce à sa voix, même lorsqu’elle change de carte SIM, repérer les utilisateurs de VPN ou de services chiffrés et établir des listes de surveillance à partir de données de géolocalisation.
Plus inquiétant encore, la plateforme aurait été conçue pour croiser les informations téléphoniques avec le registre national biométrique d’état civil et d’autres fichiers officiels. À partir d’un simple numéro, elle pourrait générer un dossier complet de renseignement.
Selon Anthropic, l’acteur aurait même demandé la suppression du contrôle imposant une autorisation judiciaire avant la production de certains dossiers. La conservation des données aurait été prévue pour une durée indéfinie.
Vrai système opérationnel ou projet encore en construction ? L’ANSE n’a pas, à notre connaissance, publiquement répondu à ces affirmations. Anthropic assure avoir fermé le compte concerné pour violation de ses règles contre la surveillance non consentie. Cela ne signifie pas forcément que Lakana 360 a disparu des écrans.
Alors, qui surveille qui ? Sous quelle autorité ? Avec quel contrôle judiciaire ? Et quelles garanties pour les journalistes, opposants, défenseurs des droits humains et simples citoyens ?
Lorsqu’une machine peut tout entendre, tout croiser et tout conserver, le silence des responsables devient lui-même une information