EN incitant leurs concitoyennes au divorce, ces Féministes maliennes ou prétendues telles démontrent toute leur ignorance et méconnaissance des valeurs sociétales maliennes. De Prétendues féministes ont récemment fait le buzz sur les réseaux sociaux au Mali en encourageant les femmes au divorce. L’affaire fait en ce moment grand bruit et suscite des réactions passionnées et surtout violentes. Face aux tollés, certaines d’entre elles ont présenté excuses et demandé pardon à la société mais plus par peur et crainte d’agressions pas seulement verbales, que par conviction. En attendant que leur repenti soit accepté, elles sont taxées de tous les superlatifs pas appropriés à reproduire ici. Une reaction diversement appréciée qui attestent cependant de l’attachement et surtout de la ferme volonté des Malien(nes), de la gente féminine en l’occurrence, de préserver les valeurs sociétales du pays ou ce qui en reste encore. Il s’agit bien d’une valeur sur laquelle sont bâties les sociétés africaines en général et maliennes en particulier. Et pour cause. — Ici, le mariage n’est pas une affaire personnelle !
L’union sacrée de deux personnes (homme et femme) au Mali, va au-delà des deux personnages directement impliqués. Ce sont deux familles, deux communautés, voire deux entités qui s’unissent pour le meilleur et pour le pire au vrai sens du terme. Dans nos terroirs en l’occurrence, le mariage unit en effet deux communautés souvent, au-delà des conflits et litiges; efface les frontières et réconcilie les cœurs et les esprits. Et, saviez-vous qu’il (le mariage, civil et/ou religieux) constitue l’un des atouts des chefs coutumiers et même de guerre ? Il permet en effet aux responsables de sceller des pactes et détendre leur influence territoriale. Des chefs jihadistes l’ont expérimenté avec succès au Sahel. Le mariage, c’est aussi la sauvegarde et la croissance des intérêts économiques. Les sociétés «Untel & frères» ne sont pas bâties que sur des rapports consanguins des acteurs. Elles englobent aussi des relations par alliance puisque dans le souci de préserver les intérêts familiaux, certaines communautés privilégient les unions rapprochées voire familiales; «affaire de famille» ou «la Famille d’abord», dit-on ! L’amour et l’ego viennent bien après. Ici, contrairement aux sociétés occidentales dont semblent s’inspirer nos Féministes, il n’y a de place à l’individualisme. Et ca marche. Raison pour laquelle justement, existe ce fameux «dimanche à Bamako, jour des mariages», autrement dit, «jour des retrouvailles». C’est en effet ce jour que se retrouvent collègues de service, camarades d’âge, de classe ou de promo qui s’ignoraient jusque-là. Les liens sont alors rétablis et davantage renforcés à la faveur de cette seule cérémonie. Nos Féministes en herbe recommandent donc de renoncer à tout cela en proposant et en soutenant la séparation. Le divorce ici, constitue l’extrême, la solution finale. Raison pour laquelle le Magistrat en charge de le prononcer , tente tout d’abord la médiation et s’applique à éloigner l’échéance dans l’espoir que le couple se réconcilie avec le temps. En faire une recommandation explicite ou l’encourager tout simplement constitue un grave mépris voire une insulte et une menace à ces valeurs et garants de nos sociétés. Et puisque la famille demeure la première ossature d’une nation, on imagine le danger auquel nos Féministes exposent le pays… Disons-le franchement : ces bonnes dames ont été mal inspirées ! Seigneur, pardonne-les ! Elles ne savent ce qu’elles disent encore moins ce qu’elles font.
Batomah Sissoko