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CAN 2025 : Le sacre sénégalais et le rêve brisé marocain

Le Sénégal a remporté la CAN 2025 au Maroc en s’imposant 1-0 après prolongation en finale contre le pays hôte, au terme d’un tournoi intense marqué par un niveau de jeu relevé et une dramaturgie constante jusqu’au dernier soir. Ce sacre offre aux Lions de la Teranga un deuxième titre continental et confirme leur statut de grande puissance du football africain moderne.

LA CAN 2025 est organisée par le Maroc, qui accueille le gratin du football africain dans des stades modernisés de Rabat, Casablanca, Marrakech, Tanger, Fès et Agadir. Portés par un public bouillant et l’élan de leur demi-finale de Coupe du monde 2022, les Lions de l’Atlas se présentent comme l’un des grands favoris au titre.

Dès la phase de groupes, le Maroc assume ce statut en prenant la tête de son groupe, notamment grâce à une victoire inaugurale face aux Comores et un succès convaincant contre la Zambie. L’ambition est claire : offrir au pays son deuxième sacre continental à domicile après celui de 1976,  dans un contexte où le football devient un vecteur majeur de rayonnement diplomatique et d’unité nationale.

Une phase de groupes très relevée

Le format à 24 équipes propose six groupes extrêmement compétitifs, où plusieurs cadors confirment leur rang tandis que quelques outsiders se frayent un chemin vers les huitièmes. L’Égypte, emmenée par Mohamed Salah, signe un parcours quasi parfait au premier tour, tout comme l’Algérie et le Nigeria, solides leaders de leurs groupes respectifs.

Dans d’autres poules, le suspense est total jusqu’à la dernière journée, à l’image d’un groupe F où la Côte d’Ivoire et le Cameroun livrent un bras de fer à distance, rejoints par un Mozambique accrocheur. Au terme de ce premier acte, la hiérarchie du continent se confirme : Sénégal, Maroc, Nigeria, Égypte, Algérie et Côte d’Ivoire avancent en favoris vers les matches à élimination directe.

Les temps forts des matchs à élimination directe

La phase à élimination directe offre un condensé de ce que la CAN a de plus spectaculaire : matchs basculant dans les dernières minutes, prolongations répétées, séances de tirs au but et scénarios renversants. L’Algérie, qui avait survolé sa poule, se heurte à un Nigeria très discipliné, qui l’élimine en quarts de finale grâce à l’efficacité de son secteur offensif, emmené par Ademola Lookman.

De son côté, le Maroc se fraye un chemin jusqu’au dernier carré en dominant notamment la Zambie puis en maîtrisant ses rencontres à domicile, porté par un Brahim Díaz étincelant, futur meilleur buteur du tournoi avec cinq réalisations. En demi-finales, les Lions de l’Atlas écartent l’Égypte, tandis que le Sénégal fait plier le Nigeria au terme d’un duel tactique et physique de très haut niveau.

Une finale Maroc–Sénégal sous haute tension

La finale oppose donc le pays hôte, le Maroc, au Sénégal, champion d’Afrique 2021 et décidé à confirmer sa montée en puissance dans la durée. Disputée à Rabat, la rencontre se joue dans un stade en fusion, avec une pression maximale sur les épaules des Marocains, qui rêvent d’un sacre à domicile.

L’une des images les plus marquantes de cette CAN voit les joueurs sénégalais quitter le terrain, menés par Pape Thiaw, après l’attribution d’un penalty dans les derniers instants contre le Maroc. Ce geste de contestation collective, rarissime à ce niveau, marque les esprits et alimente les débats sur l’arbitrage et la tension extrême de la compétition.

Le match est d’abord verrouillé, chaque équipe refusant de se découvrir, avant de s’ouvrir progressivement au fil des minutes, ponctué d’actions litigieuses, d’une atmosphère électrique et d’interruptions de jeu. Brahim Diaz chargé de transformer le pénalty  tente une Panenka, la balle atterrit dans les mains du gardien sénégalais, Mendy. 

La rencontre bascule finalement en prolongation, lorsque Pape Gueye, d’une frappe en lucarne, offre au Sénégal le but du titre, plongeant les supporters marocains dans le silence et déclenchant une explosion de joie à Dakar.

Bilan sportif et grandes individualités

Statistiquement, la CAN 2025 s’inscrit dans la continuité d’une compétition de plus en plus offensive, avec 121 buts inscrits, soit un peu plus de 2,3 buts par match, un record par rapport à l’édition précédente. Le Marocain Brahim Diaz termine meilleur buteur avec cinq réalisations, confirmant son rôle central dans le parcours des Lions de l’Atlas.

Côté sénégalais, Sadio Mané est élu meilleur joueur du tournoi, symbole de la maturité de cette génération qui enchaîne les performances de haut niveau sur la scène africaine. Ademola Lookman (Nigeria) est sacré meilleur passeur avec quatre passes décisives, illustrant la qualité offensive d’une équipe nigériane qui monte sur le podium en arrachant la troisième place.

Héritage et portée de la CAN 2025

Au-delà du titre, la victoire du Sénégal au Maroc consacre une sélection désormais installée dans la durée parmi les références du football africain, capable de gagner loin de ses bases et dans un climat hostile. Pour le Maroc, la défaite à domicile laisse un goût amer mais confirme l’ancrage du pays dans le haut du tableau continental, avec une génération appelée à rejouer les premiers rôles lors des prochaines éditions.

L’organisation marocaine, la ferveur populaire et le niveau de jeu affiché renforcent le statut de la CAN comme vitrine majeure du football mondial, offrant aux talents africains une scène suivie bien au-delà du continent. Entre explosion offensive, dramaturgie permanente et confirmation des grandes nations, la CAN 2025 restera comme l’édition du deuxième sacre sénégalais et du rêve brisé marocain à domicile.

M.N